Masque zoomorphe à cornes monoxyle Bwa – sphère Gurunsi / Mossi
Masque zoomorphe à cornes monoxyle Bwa – sphère Gurunsi / Mossi
ouest et centre du Burkina Faso (boucle du Mouhoun – plateau central)
première moitié du XXᵉ siècle
Dimensions : Longueur : 31 cm, Largeur : 10 cm, Hauteur : 9 cm, Poids : 390 g
Masque animalier sculpté dans un bois léger, caractérisé par une forme allongée et horizontale évoquant un animal de brousse stylisé.
La tête est structurée par un museau rectangulaire prolongé vers l’avant et terminé par une gueule ouverte à dentition triangulaire sculptée. Les yeux, de forme ovale, sont percés d’une fente centrale permettant la vision.
Deux cornes symétriques étaient initialement implantées à l’arrière du crâne ; l’une d’elles est aujourd’hui tronquée, fracture ancienne témoignant d’un usage rituel prolongé.
Les flancs présentent un décor géométrique gravé en chevrons, caractéristique des traditions sculpturales de la savane burkinabè.
La base est plane et comporte plusieurs perforations destinées à fixer un costume de fibres végétales ou de textile. Le revers montre une cavité faciale simple adaptée au port du masque.
La surface conserve une patine brun sombre homogène marquée par l’usage.
La morphologie générale correspond aux masques animaliers de la savane occidentale, particulièrement fréquents dans les traditions Bwa et dans les zones de contact avec les populations Gurunsi et Mossi.
Plusieurs éléments stylistiques renforcent cette attribution : orientation horizontale du masque, museau exagérément allongé, dentition stylisée, décor géométrique gravé, structure simple adaptée à un costume de fibres.
Ces caractéristiques s’inscrivent dans le vocabulaire formel des masques utilisés dans les villages de la vallée du Mouhoun.
L’animal représenté n’est pas nécessairement identifiable de manière zoologique précise. Les sculpteurs de cette région privilégient une représentation symbolique de l’esprit de la brousse, combinant différents traits animaux.
La présence d’une dentition marquée et d’un museau allongé évoque toutefois fréquemment la hyène, animal ambivalent dans l’imaginaire sahélien, associé aux forces nocturnes et au monde invisible.
Fonction rituelle : Les masques de ce type interviennent dans les mascarades communautaires liées aux rites d’initiation, aux cérémonies agricoles, aux fêtes villageoises.
Porté avec un costume de fibres couvrant entièrement le danseur, le masque incarne un esprit animal protecteur ou une force de la brousse.
État de conservation : Bon état général.
À signaler : fracture ancienne sur l’une des cornes, usure du bois cohérente avec un usage rituel, patine ancienne homogène.
Références muséales comparables
Des masques animaliers comparables sont conservés dans les collections suivantes :
- Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris
- Metropolitan Museum of Art, New York
- Museum Rietberg, Zurich
Ces institutions possèdent plusieurs masques Bwa et Gurunsi représentant des animaux de brousse stylisés.
Bibliographie
Roy, Christopher D.
Art of the Upper Volta Rivers. Paris, Chaffin, 1987.
Roy, Christopher D., Wheelock, Thomas G. B.
Land of the Flying Masks: Art and Culture in Burkina Faso. Prestel, 2007.
Roy, Christopher D.
African Art as Theater: The Bwa Masks of the Village of Boni.
Indice de rareté : 7 / 10
Les masques animaliers sont relativement fréquents dans cette région, mais la combinaison format compact, dentition sculptée, décor gravé, cornes rend ce type moins courant (probable animal de brousse – type hyène stylisée)
Provenance
Ancienne collection Galerie Galaxie – Jean-Michel Huguenin, Paris.
Objet probablement collecté en Afrique de l’Ouest dans les années 1950.