Peigne anthropomorphe Baoulé
Peigne anthropomorphe Baoulé
Groupe ethnique : BAOULÉ
Région : Centre de la Côte d’Ivoire (Bouaké / Sakassou)
Datation estimée : milieu XXᵉ siècle
Matière : bois dur à patine brun-rouge
Dimensions : H. 19 cm × L. 8 cm × P. env. 1,5 cm
Poids : 60 g
Provenance : ancienne collection privée, Haute-Vienne (France)
Peigne sculpté dans un seul bloc de bois dense, présentant sept dents élancées et régulières.
Le panneau supérieur, de forme trapézoïdale, est décoré de motifs géométriques gravés (losanges, chevrons, triangles imbriqués), soulignés d’une fine bordure.
Il est surmonté d’une tête féminine stylisée, visage ovale et yeux mi-clos, évoquant la sérénité typique des représentations baoulé.
Les scarifications sur les joues et le front sont finement incisées ; la coiffure, en relief crénelé, reprend la forme classique en coque, soigneusement peignée vers l’arrière.
Une fine ficelle ancienne entoure le cou, peut-être trace d’attache rituelle ou de suspension.
Les Baoulé, héritiers des traditions akan, ont développé un art du raffinement et de la symétrie.
Le présent peigne illustre cet idéal esthétique : équilibre des volumes, pureté des lignes, et maîtrise de la gravure.
Les peignes baoulé étaient des objets de prestige féminin, symboles de beauté, fertilité et élégance.
Ils étaient offerts à l’occasion des cérémonies de mariage ou des rites initiatiques et servaient aussi d’attribut identitaire.
La serenité du visage, les chevrons géométriques et la coiffure structurée situent cette pièce dans la lignée des modèles exposés à Abidjan et Paris.
Comparaisons :
– Peigne baoulé, Musée du quai Branly (inv. 73.1980.5.15)
– Peigne baoulé, Musée des Civilisations, Abidjan, inv. 62.45.27
– Peigne baoulé, Galerie Schoffel-Valluet, Paris, cat. 2008.
État de conservation
Très bon état général.
- Patine lisse et homogène, brun-rouge, légèrement satinée.
- Bois sain, dents intactes, quelques micro-éclats anciens à la base.
- Petites marques d’usure aux extrémités, cohérentes avec un usage ancien.
- Une très discrète usure sur le côté droit du panneau supérieur.
Références muséales comparatives
- Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris, inv. 73.1980.5.15 — Peigne baoulé à tête féminine, décor géométrique.
- Musée des Civilisations, Abidjan — Peigne à sept dents, visage féminin, décor de losanges.
- Metropolitan Museum of Art, New York, inv. 1989.328.7 — Akan / Baoulé comb with stylized female head.
- Dapper Museum, Cheveux et parures d’Afrique, cat. n° 48-50, 2002.
Bibliographie de référence
- Delange, Jacques. Art Baoulé. Paris : Arthaud, 1962.
- Vogt, Evangeline. Art of Côte d’Ivoire. New York : Museum for African Art, 1990.
- Perrois, Louis. Cheveux et parures d’Afrique. Paris : Dapper, 2002.
- Fagg, William & P. Plass. African Sculpture. London : Allen & Unwin, 1964.
La figure féminine représente l’idéal de beauté et la perfection morale dans la société baoulé : douceur, maîtrise et élégance.
Les motifs géométriques symbolisent l’ordre, la stabilité du foyer et la continuité lignagère.
Le peigne, souvent porté dans les cheveux ou conservé dans les coffrets à parures, est à la fois objet d’usage et talisman protecteur.