Marteau à sucre traditionnel – Haut Atlas marocain
Marteau à sucre traditionnel – Haut Atlas marocain
Bois dur patiné – Longueur : env. 25 cm – Tête : 12cm – 3 cm – Poids : 125 g
Datation estimée : fin XIXᵉ – début XXᵉ siècle
- Matériau : bois dur local (probablement thuya, noyer ou genévrier, essences courantes en montagne).
- Fabrication : entièrement sculpté à la main ; tête et manche réalisés dans deux pièces distinctes.
- Assemblage : la tête est emmanchée par un logement transversal ; elle bouge légèrement, ce qui témoigne d’un montage traditionnel sans colle, simplement par friction + calage.
- Décor : très sobre : quelques incisions obliques et marques de burin, non décoratives mais probablement marques de repérage du menuisier.
Fonction : marteau à sucre (marteau “begada” ou “begrada”)
Même si ce modèle est dépourvu de décor circulaire ou triangulaire, sa forme correspond parfaitement aux marteaux utilisés pour casser les cônes de sucre comprimé, appelés qand ou sukkar rass, très répandus au Maroc jusqu’aux années 1950-70.
Indices confirmant cette attribution :
- Tête arrondie, aplatie, lourde – typique pour frapper sans éclats coupants.
- Manche long et étroit, permettant un mouvement contrôlé du poignet.
- Patine d’usage importante : marques, écrasements, brunissement – typiques de l’utilisation sur du sucre dur.
- Absence d’ornementation rituelle → outil domestique, pas objet tribal.
- Léger jeu entre tête et manche → caractéristique des outils anciens utilisés quotidiennement.
Datation estimée ; Début – milieu du XXᵉ siècle (vers 1930–1960).
La patine, l’usure, la structure du bois et le type de fabrication correspondent bien à des outils domestiques du Haut-Atlas ou de régions rurales du Sud marocain.
Les marteaux à sucre étaient présents dans toutes les maisons rurales marocaines. Le sucre affiné se vendait en gros cônes coniques extrêmement durs, qu’il fallait casser en petits morceaux pour le thé, les pâtisseries ou les cérémonies.
Ces marteaux :
- Étaient souvent fabriqués localement, par les hommes, en bois récupéré,
- N’étaient pas décorés (sauf exceptions),
- Étaient indispensables dans la vie domestique, surtout pour le thé à la menthe.
Ce modèle-ci, très usé et poli, a visiblement servi pendant des décennies.
Comparaisons
Objets similaires conservés dans :
- Musée du Patrimoine Amazigh d’Agadir (collection d’outils domestiques du Souss).
- Musée Dar Batha de Fès (objets de vie quotidienne).
- Collections privées marocaines et ethnographiques.
État de conservation
- Très bon état structurel, malgré un jeu normal de la tête.
- Patine profonde homogène.
- Traces d’usage cohérentes.
- Aucune restauration visible.
Un resserrage de la tête est possible mais à éviter pour conserver l’authenticité.
Ce modèle, malgré son aspect simple, est 100% authentique, ce qui en fait une belle pièce pédagogique dans un ensemble sur l’art et les objets du Maroc rural.