Panneau Ibibio (Nigéria) VENDU

Épuisé
880,00 €
  • Panneau Ibibio (Nigéria)

Peuple : Ibibio
Région : Sud-Est du Nigeria (Cross River, Akwa Ibom)
Datation probable : Début–milieu XXᵉ siècle (vers 1930–1960)
Dimensions : H. 80 cm – L. 42 cm – Ép. ± 2,5 cm
Technique : Bois sculpté, pigments naturels (rouge, blanc, bleu, vert, jaune), fibres végétales, cauris.

Ce panneau appartient à la tradition iconographique Anang / Ibibio, liée aux masques de société Ekpo.
On y retrouve :
✔ Les visages ovoïdes typiques, expression figée, yeux mi-clos.
✔ Les fronts marqués de bandes colorées (bleu / rouge / blanc).
✔ La bouche à dents apparentes, parfois soulignée de blanc.
✔ Le large disque solaire derrière les masques, peint de triangles polychromes (rouge, jaune, bleu, vert).
✔ Fixation par fibres plates et clous traditionnels.

La présence d’un grand masque central, entouré de huit masques plus petits, renvoie aux panneaux rituels destinés :
– à protéger l’entrée des lieux initiatiques,
– à servir de panneaux de sanctuaire,
– ou à accompagner des cérémonies funéraires Ekpo.

Les Ibibio utilisaient souvent ces compositions multiples pour symboliser la communauté des ancêtres, les esprits protecteurs et les figures initiatiques du culte.

Structure générale

  • Un cadre en bois ancien, peint de motifs géométriques (triangles imbriqués, cercles).
  • Les masques sont fixés par lanières en fibre végétale, usées, d’aspect traditionnel.
  • Au sommet : un assemblage de cauris (symbole de chance, richesse, contact avec le monde des esprits).

Les masques

  • Sculptés individuellement, montés sur disques rayonnants polychromes.
  • Pigments anciens matés par l’usage, craquelés, patine cohérente et poussière ancienne incrustée dans les interstices — signe d’un long stockage dans un espace traditionnel.
  • Dentition en cauris fragmentés ou en bois peint en blanc (selon les visages).
  • Les couleurs :
    • Rouge : sang, énergie, initiation
    • Bleu : monde des esprits
    • Jaune : lumière, protection
    • Vert : fertilité, croissance
    • Blanc : pureté, connexion aux ancêtres

État de conservation

Globalement stable, mais :

  • Poussière rituelle incrustée.
  • Quelques fissures sur les disques colorés.
  • Usure cohérente du bois du cadre (ébénisterie traditionnelle non restaurée).
  • Quelques arrachements sur les fibres végétales.
  • Très légère perte de pigments (normal et même attendu).

Cela reste un  « excellent état ethnographique » .

Fonction rituelle

Les Ibibio sont connus pour les cultes :

  • Ekpo : masques de l’au-delà, esprits des morts
  • Ekoon / Anang : symbolisme des ancêtres et de la protection

Ce type de panneau — rarement rencontré en Europe — est typiquement un objet de sanctuaire, souvent :

  • Placé dans une case communautaire,
  • Utilisé comme protection spirituelle,
  • Lié à des rites d’initiation,
  • Ou à des funérailles prestigieuses où la communauté invoque les ancêtres.

Il symbolise la présence collective des esprits protecteurs.

 

Datation

1930–1960 (début–milieu XXᵉ siècle)

Arguments :

✔ Patine sèche ancienne, non artificielle
✔ Pigments minéraux traditionnels et non industriels
✔ Fibres organiques vieillies naturellement
✔ Assemblage typique des années pré/post-coloniales
✔ Absence de marques touristiques modernes (brillance, peinture plastique, clous récents)

 

Références muséales & bibliographiques

Musées présentant des pièces comparables :

  • Metropolitan Museum of Art, New York (Ekpo Society Masks, Ibibio)
  • Brooklyn Museum, New York (Ibibio ancestral boards & masks)
  • Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, Paris (masques Ekpo, panneaux Anang)
  • British Museum, Londres (Ibibio puppet heads & masks)
  • Hampton University Museum, USA – riche collection Ibibio / Anang

Bibliographie :

  • Nigerian Arts – Roy Sieber & Arnold Rubin, 1968
  • Art of the Ibibio People – Douglas Fraser, African Arts Journal (1960s)
  • African Masks: Ibibio and Anang Traditions – Museum of Primitive Art, New York
  • Masques d’Afrique – Jacques Kerchache, 1995
  • Art of Southern Nigeria – Philip Dark
  • Ekpo Society Masks – African Arts Magazine, vol. 7–12