MASQUE DOGON Bois polychrome et fibres végétales
MASQUE DOGON
Bois polychrome et fibres végétales
Hauteur masque seul : 70 cm • Hauteur totale : 120 cm • Largeur : 17 cm • Profondeur : 15 cm
Ce masque vertical, sculpté dans un seul bloc de bois léger, présente une structure architecturée typique des masques utilisés dans les cérémonies Dogon :
- Partie inférieure : un visage stylisé rectangulaire, profondément creusé en quatre montants verticaux séparés par trois rainures, laissant deux ouvertures oculaires carrées.
- Encadrement triangulaire latéral, peint en jaune et blanc, évoquant les motifs solaires ou les signes de protection utilisés dans l’aire Dogon.
- Superstructure ajourée : forme élancée, presque lance, peinte en rouge, jaune, noir et blanc, évoquant les masques Imina-na, Satimbe ou Kanaga tardifs simplifiés, mais avec un traitement plus naïf et plus graphique.
- Fibres végétales : jupe dense en fibres jaunes naturelles, fixée sous la base du masque, destinée à masquer le danseur.
Aire culturelle probable : Dogon, Mali
Les éléments Dogon reconnaissables :
- Forme rectangulaire verticale, absence d’individualisation du visage → masques funéraires / masques secondaires du dama.
- Le système des montants parallèles et des orifices carrés pour les yeux.
- La superstructure pointue : typique de nombreuses variantes Dogon, même si souvent plus géométriques en contexte ancien.
- La présence d’une jupe en fibres longues, indispensable dans les masques dansés Dogon.
Éléments incitant à la prudence :
- Polychromie très vive (jaune, rouge, noir) évoquant parfois les productions Dogon tardives des villages du plateau et même certaines influences Mossi du Yatenga.
- Traitement naïf et irrégulier de la superstructure, non conforme aux grands modèles canoniques (Kanaga, Sirige, Satimbe).
- Usure superficielle plus compatible avec un usage rituel tardif ou une pièce produite pour un contexte semi-rituel (années 1960-1980).
Attribution raisonnable : Dogon (région de Sangha – plateau de Bandiagara), variante populaire, seconde moitié du XXᵉ siècle.
- Fonction rituelle
Masque utilisé lors :
- Des danses du Dama,
- Des cérémonies commémoratives ou funéraires,
- Parfois dans des mascarades saisonnières.
La superstructure pourrait représenter :
- Soit une forme totémique non identifiée,
- Soit une abstraction d’esprit protecteur,
- Soit un motif dérivé des boiseries Dogon plus anciennes.
- État de conservation
- Bois ancien, très érodé dans la partie basse : patine sèche, abrasions, traces d’insectes anciens stabilisés.
- Polychromie partiellement écaillée, surtout le blanc et le jaune.
- Superstructure consolidée dans sa partie centrale (fines fissures visibles).
- Fibres végétales d’époque, oxydées, mais encore souples.
- Absence de la sangle intérieure (courant).
État général : bon, cohérent avec un masque de terrain tardif.
- Provenance culturelle comparée
- Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, Paris : collection Dogon (masques verticaux avec montants frontaux).
Ex. : Masque Dogon, inventaire 73.1979.6, présentant une verticalité similaire. - Metropolitan Museum of Art, New York : Vertical plank mask, Dogon, inv. 1978.412.399 — structure comparable sans polychromie vive.
- Musée National du Mali, Bamako : masques populaires Dogon des années 1950-1980, polychromés dans un esprit voisin.
- Littérature :
- Hélène Leloup, Statuaire Dogon, 1994 — morphologies non canoniques des masques tardifs.
- Pascal James Imperato, Dogon Cliff Dwellers of Mali, 1977 — masques villageois polychromes.
- D. B. Leeming, African Masks: An Introduction to African Culture, 2001.
- Datation
Probablement 1950–1980, production villageoise destinée à un usage rituel local ou à une circulation semi-rituelle