Statue masculine en bronze, Aire culturelle Akan / Ghana – Influence Ashanti ou Frafra

190,00 €

Statue masculine en bronze, Aire culturelle Akan / Ghana – Influence Ashanti ou Frafra
Dimensions : H. 30 cm – L. 10 cm – Prof. 8 cm
Poids : 1 050 g
Technique : Bronze, fonte à la cire perdue
Datation estimée : XXᵉ siècle (production traditionnelle, non contemporaine)

La sculpture représente un personnage masculin debout, hiératique, les mains posées sur les hanches dans une posture d’autorité. La silhouette est très élancée, les jambes démesurément longues contrastant avec un torse compact et une tête fortement stylisée.

L’œuvre présente les caractéristiques techniques d’une fonte artisanale :
– surface irrégulière, légèrement granuleuse,
– patine mixte vert-bleuté (cuprite/malachite) particulièrement visible côté droit,
– reliefs nets sur la coiffure, le pagne et les scarifications faciales.

Iconographie et style

Plusieurs éléments orientent vers l’aire Akan élargie (Ghana) :

Coiffure / crête sagittale

L’imposante coiffe crénelée à crête verticale rappelle fortement les coiffures cérémonielles Frafra (Ghana Nord) ou certaines représentations des Ashanti. Le modelé tressé de la crête est un indice stylistique fréquent dans les bronzes du nord du Ghana.

Visage stylisé

– Yeux en amande très incisés,
– Large bouche esquissée,
– Scarifications en relief,
– Oreilles percées, parfois associées à des bijoux dans l’art Akan.

Ces signes sont typiques des petites figurations métalliques rituelles du Ghana.

Pagne texturé

Le pagne à texture géométrique en damier, obtenu par poinçonnage sur la cire, correspond aux représentations de personnages de statut (chefs, messagers, figures tutélaires).

Proportions élancées

Le corps très vertical et les pieds larges évoquent également certains bronzes Kassena et Gurunsi, voisins culturels des Akan du Nord.

 

  1. Fonction probable

Il s’agit vraisemblablement d’une statuette votive ou d’une figurine associée à un autel domestique ou lignager, utilisée pour :
– invoquer un ancêtre protecteur,
– représenter un esprit tutélaire,
– accompagner un rituel de fertilité ou de protection.

La position « mains sur les hanches » est fréquemment associée à :
– l’affirmation d’un statut,
– l’autorité,
– la vigueur masculine.

 

État de conservation

Très bon état général, avec éléments notables :
Patine mixte brun-doré et vert-bleu (oxydation naturelle stabilisée).
Petites concrétions et résidus de moulage, compatibles avec un âge de plusieurs décennies.
– Aucun éclat structurel ; les extrémités (pieds, mains, crête) sont intégrales.
– Quelques zones d’oxydation verte marquée (bras droit, coiffe), parfaitement cohérentes avec l’exposition prolongée à l’humidité ou la terre.

Aucun signe de production industrielle moderne (absence de lignes de moulage, imperfections typiques du procédé à cire perdue traditionnel).

 

Provenance stylistique et comparaisons muséales

Des pièces comparables sont référencées :

Musées

National Museum of Ghana, Accra : bronzes rituels Frafra et Kassena présentant coiffures à crête et silhouettes élancées.
British Museum, Londres : Collection Akan, figurines en bronze (inv. Af1957,23.122) montrant visages stylisés et pagnes incisés.
Musée Barbier-Mueller, Genève : petites figurines Akan à patine similaire, réalisées entre XIXᵉ et XXᵉ siècles.
Musée du Quai Branly-Jacques Chirac (non exposées) : fonds de bronzes Akan de même facture, notamment les statuettes à coiffe haute.

Bibliographie utile

– F. Lorenz, Akan Goldweights and Figurative Bronzes, 2010.
– G. Vogel, Africa Explores: 20th Century African Art, 1991.
– A. Roy, Arts of Ghana, Museum of Fine Arts Boston, 2017.
– A. Garrard, African Cast Bronze: Lost-Wax Casting Traditions, 1989.
– Musée Barbier-Mueller, Bronzes d’Afrique Noire, catalogue d’exposition.

Une pièce intéressante, bien typée, authentiquement artisanale dans sa fabrication et dotée d’une patine convaincante. La posture, la coiffe et le pagne texturé lui confèrent un caractère rituel et une présence sculpturale expressive, même si la pièce semble plutôt dater de la seconde moitié du XXᵉ.