Culot de pipe anthropomorphe Probablement Bamoun, région des Grassfields (Cameroun)

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Culot de pipe anthropomorphe

Probablement Bamoun, région des Grassfields (Cameroun)
Afrique centrale – Cameroun
Fin XIX – première moitié du XX siècle (estimation)

Terre cuite modelée, creusée et cuite.
Surface non engobée, patine brun-noir à brun rouge, résultant de l’usage, de l’oxydation et des dépôts liés à la combustion.

Dimensions et poids

  • Hauteur : 17 cm
  • Profondeur : 10 cm
  • Poids : 550 g

Le culot est sculpté sous la forme d’une tête humaine stylisée, traitée en fort relief et pensée en ronde-bosse partielle.

Le visage présente :

  • un front bombé, surmonté d’une coiffe hémisphérique décorée de pastilles circulaires en léger relief, évoquant une coiffure perlée ou scarifiée ;
  • des yeux mi-clos, lourds, aux paupières épaisses, conférant à l’ensemble une expression intériorisée et hiératique ;
  • un nez large et court, érodé par l’usage ;
  • une bouche entrouverte, proéminente, formant l’un des orifices fonctionnels du foyer ;
  • des joues pleines, structurées par des volumes latéraux marqués ;
  • un menton allongé, presque barbu par sa forme, accentuant la verticalité de la pièce.

À l’arrière, on observe :

  • un foyer supérieur circulaire, profondément creusé, présentant des traces nettes de combustion ;
  • un canal inférieur (logement de la tige), bien percé, confirmant un usage réel et prolongé.

Le traitement général est volontairement massif, presque architectonique, avec une stylisation puissante plutôt qu’un naturalisme détaillé.

Ce type de pipe anthropomorphe était :

  • un objet utilitaire lié à la consommation de tabac, très répandue dans les chefferies camerounaises dès le XIXᵉ siècle ;
  • mais également un objet statutaire, réservé à des notables, chefs ou dignitaires, la figuration humaine servant à affirmer rang, identité et autorité.

Chez les Bamoun, la pipe pouvait accompagner :

  • les conseils de cour,
  • les audiences,
  • certains rituels ou moments de représentation sociale.

L’attribution Bamoun est plausible mais doit rester prudente.

Éléments allant dans ce sens :

  • goût pour la figuration anthropomorphe volumétrique ;
  • coiffes décorées de motifs circulaires (perles, scarifications stylisées) ;
  • usage attesté de pipes figuratives en terre cuite dans le royaume Bamoun (Foumban et région).

Cependant, des productions voisines (Bamiléké, Tikar, Grassfields élargis) présentent des formes proches.

 

État de conservation

  • Structure intacte, sans restauration visible
  • Usure ancienne cohérente avec l’usage (érosion des reliefs, foyers encrassés)
  • Micro-éclats et abrasions sur les arêtes
  • Patine ancienne, sèche, stable
  • Aucun collage ni rebouchage identifié

État : bon état ancien d’usage, très lisible et sain.

 

Comparaisons et références muséales (à titre comparatif)

  • Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris
    Pipes anthropomorphes Bamoun et Grassfields, collections Afrique centrale (terre cuite et bois).
  • Museum für Völkerkunde, Berlin
    Pipes figuratives camerounaises, fin XIXᵉ – début XXᵉ siècle.
  • Fowler Museum at UCLA, Los Angeles
    Objets de cour Bamoun, incluant pipes et accessoires de prestige.

Bibliographie indicative

  • Jean-Paul Notué & Eberhard Fischer, Art of the Bamum Kingdom, Prestel
  • Claude Tardits, Le royaume bamoun, CNRS
  • Christraud Geary, Art and Political Power in the Grassfields