Reliquaire anthropomorphe en bois Afrique subsaharienne, probablement Afrique centrale (aire Fang / Kota), première moitié du XXᵉ siècle

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Reliquaire anthropomorphe en bois

Afrique subsaharienne, probablement Afrique centrale (aire Fang / Kota), première moitié du XXᵉ siècle

Reliquaire anthropomorphe contenant une charge rituelle (probablement restes symboliques)

Matière et technique

Bois dur sculpté en ronde-bosse
Creusement frontal destiné à recevoir une charge rituelle
Petite vitre ou plaque translucide protectrice (ajout ancien ou d’usage)
Patine sombre brun-rouge, oxydée par manipulation et dépôts rituels

Dimensions et poids

  • Hauteur : 21 cm
  • Diamètre (au plus large) : 8 cm
  • Poids : 430 g

Le reliquaire se présente sous la forme d’un personnage anthropomorphe debout, traité selon une stylisation volontairement compacte et frontale.

La tête, légèrement disproportionnée, présente :

  • Un visage ovale aux traits simplifiés
  • Yeux en amande incisés, regard frontal
  • Nez droit et marqué
  • Bouche charnue, entrouverte, aux lèvres sculptées en relief
  • Coiffure ramassée à l’arrière du crâne, suggérant une chevelure nouée ou scarifiée

Le buste est massif, peu détaillé, avec des épaules tombantes et des bras courts, plaqués le long du corps. Les mains viennent soutenir ou encadrer la zone ventrale.

La zone abdominale constitue l’élément central de l’objet :

  • Une cavité frontale circulaire ou ovale
  • Fermée par une petite vitre
  • Derrière laquelle apparaît une charge rituelle sombre et granuleuse

Cette charge semble contenir des éléments organiques anciens, possiblement :

  • Fragments osseux
  • Dent humaine ou animale
  • Résidus végétaux, terre sacrée ou matières coagulées

Les jambes sont courtes et robustes, légèrement fléchies, se terminant par des pieds posés sur un socle circulaire intégré, décoré de motifs géométriques incisés sur la tranche.

Ce type de reliquaire est destiné à la conservation des restes ancestraux ou de charges magico-protectrices. Il s’inscrit dans les pratiques de culte des ancêtres et de médiation entre le monde des vivants et celui des esprits.

La présence d’une vitre protectrice est particulièrement intéressante :

  • Elle indique une volonté de rendre la charge visible tout en la préservant
  • Elle renforce la dimension de surveillance et de protection
  • Elle suggère un usage rituel prolongé, parfois réactivé

Sans attribution définitive, les caractéristiques formelles orientent vers :

  • Afrique centrale
  • Aire Fang / Kota / groupes voisins (Gabon – Cameroun – Congo)

La posture, la frontalité, le traitement du visage et la fonction reliquaire sont cohérents avec ces traditions, tout en présentant une exécution provinciale ou locale, sans virtuosité excessive mais d’une grande force expressive.

État de conservation

État ancien, cohérent avec un usage rituel réel :

  • Usure générale de la surface
  • Patine ancienne homogène
  • Traces d’oxydation et d’abrasion
  • Charge rituelle intacte et non ouverte
  • Vitre en place (légèrement encrassée)

Aucune restauration moderne visible. Les défauts observés participent pleinement de l’authenticité ethnographique de la pièce.

Références comparatives muséales (à titre indicatif)

  • Musée du quai Branly – Jacques Chirac : reliquaires Fang et Kota à cavité ventrale
  • Musée Dapper (Paris, anciennes collections) : figures de gardiens de reliques
  • Musée Royal de l’Afrique Centrale (Tervuren) : reliquaires anthropomorphes à charge visible

Appréciation ethnographique et artistique

Ce reliquaire ne relève pas d’une sculpture décorative, mais bien d’un objet de fonction rituelle active. Sa puissance réside dans :

  • La concentration formelle
  • La visibilité assumée de la charge
  • L’équilibre entre abstraction et figuration

Il constitue une pièce parfaitement légitime dans un corpus raisonné, même sans attribution tribale absolue.