Cimier Tiwara (forme féminine) Bamana (Bambara) République du Mali, région du Bélédougou et zones mandingues centrales

180,00 €

Cimier Tiwara (forme féminine) Bamana (Bambara)
République du Mali, région du Bélédougou et zones mandingues centrales
Milieu XXᵉ siècle (circa 1940–1960)
Bois sculpté d’un seul tenant ; traces anciennes de patine d’usage

Dimensions

  • Hauteur : 39 cm
  • Largeur maximale : env. 18–20 cm (ailes)
  • Poids : env. 300 g

État de conservation
État ancien satisfaisant.
Usure homogène de surface liée aux manipulations et au port rituel.
Petites fissures de retrait du bois visibles, notamment aux jonctions des éléments verticaux (cornes/appendices).
Légers manques et abrasions ponctuelles sans atteinte structurelle.
Aucune restauration lourde visible. Objet stable.

Ce cimier Tiwara féminin se caractérise par une sculpture ajourée et élancée, reposant sur une base rectangulaire percée (orifices de fixation au bonnet textile).
La figure associe :

  • Un corps féminin stylisé, aux seins discrètement modelés, symbole de fécondité et de complémentarité.
  • Un arc central spiralé, typique des variantes tardives ou régionales, évoquant le mouvement, l’énergie vitale et la continuité cyclique.
  • Trois éléments verticaux dorsaux :
    • une grande lame courbe (corne principale) finement incisée,
    • deux appendices plus courts, interprétés comme des épis, des jeunes pousses ou des forces secondaires de croissance.

La tête, aux traits épurés, présente un visage calme, les yeux en amande, la coiffure discrète et des perforations auriculaires. L’ensemble dégage une grande lisibilité symbolique malgré ses dimensions modestes.

Les cimiers Tiwara sont portés par paires (masculin/féminin) lors des rites agricoles Bamana, notamment au début des semailles et lors des récoltes.

La forme féminine incarne :

  • la terre nourricière,
  • la fécondité,
  • la réceptivité et la croissance lente mais constante,
    en complément du cimier masculin, plus dynamique et solaire.

Ce type de cimier n’est pas un masque facial mais un ornement porté au sommet de la tête, fixé sur un bonnet et accompagné de chants et de danses codifiées.

Ce modèle se distingue :

  • par sa taille réduite, inhabituelle mais attestée pour des usages locaux ou secondaires,
  • par la présence marquée d’un arc spiralé, que l’on retrouve dans certaines collections bamana tardives,
  • par une simplification volontaire des volumes, traduisant une production fonctionnelle plus que cérémonielle prestigieuse.

Des cimiers comparables sont conservés dans les collections du Musée du quai Branly – Jacques Chirac, du British Museum et du Metropolitan Museum of Art, bien que la plupart présentent des dimensions plus importantes.