Masque anthropomorphe dit « masque peigne » Dogon, plateau de Bandiagara, Mali

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Masque anthropomorphe dit « masque peigne » Dogon, plateau de Bandiagara, Mali
Bois dur local, sculpté d’un seul tenant
Restes de pigmentation rouge (probablement à base d’ocre)

Ce masque horizontal, prolongé par un spectaculaire peigne sculpté, témoigne de la richesse formelle et symbolique de l’art dogon.
La simplicité volontaire du visage contraste avec la complexité du peigne dorsal, élément à la fois visuel et symbolique, évoquant la relation entre l’homme, les ancêtres et les forces invisibles.

Utilisé lors de cérémonies rituelles majeures, ce type de masque participait à des mises en scène codifiées où le mouvement, le rythme et la matière donnaient corps aux mythes fondateurs de la société dogon.

La patine ancienne et les traces d’usage confèrent à cette œuvre une présence singulière, révélatrice d’un objet pensé pour l’action rituelle plus que pour la seule contemplation.

 

Dimensions

  • Longueur : 48 cm
  • Largeur maximale : 18 cm
  • Hauteur : 14 cm
  • Poids : 1 050 g


Masque horizontal à visage stylisé, prolongé à l’arrière par un imposant peigne dorsal composé de plusieurs dents verticales irrégulières, sculptées dans la masse.
Le visage présente :

  • Une arête nasale saillante et rectiligne,
  • Des yeux ajourés de petite taille, percés de manière asymétrique,
  • Une bouche étroite et discrète,
  • Un modelé volontairement anguleux et archaïsant.

Le revers montre une cavité évidée manuellement, aux traces d’outils anciennes visibles, ainsi que des percements latéraux destinés à la fixation d’éléments de portage (fibres, lanières).

La surface conserve des restes significatifs de polychromie rouge, aujourd’hui patinée, ainsi qu’une usure cohérente avec un usage rituel ancien. Absence d’attaque xylophage active.
Les masques peignes sont associés, chez les Dogon, à des contextes rituels complexes, souvent liés aux cérémonies funéraires (Dama) ou à des manifestations symboliques liées à la fertilité, à la transmission et aux forces cosmiques.
Le peigne peut symboliser :

  • La multiplicité des ancêtres,
  • La relation entre monde terrestre et monde invisible,
  • Ou une métaphore du rythme cosmique et de l’ordre social.

Datation : Première moitié du XXᵉ siècle, très probablement antérieure aux années 1950, cohérente avec la provenance et l’état de patine.

Provenance : Collection Jacques Mazière
Collectionneur français ayant vécu en Afrique de l’Ouest entre 1950 et 1970.
Acquisition sur le terrain. (Œuvre collectée avant la généralisation des productions touristiques.)

État de conservation
Bon état général compte tenu de l’âge.
Fissures anciennes stabilisées, usure d’usage, pertes partielles de polychromie.
Aucune restauration lourde visible.

Appréciation critique :
Masque authentique, d’une lecture stylistique forte, se distinguant par la puissance graphique de son peigne et la sobriété expressive du visage.
Exemplaire représentatif d’un corpus rare et mal documenté, à forte valeur ethnographique.

Ce masque peigne constitue une pièce de caractère, à la fois sobre et puissante, parfaitement cohérente avec l’esprit d’un cabinet de curiosités africaines 1880–1960 ou d’un parcours ethnographique exigeant.