Masque heaume Sénoufo zoomorphe dit « cracheur de feu »

220,00 €

Masque heaume Sénoufo zoomorphe dit « cracheur de feu »
Région : Nord de la Côte d’Ivoire / Sud du Burkina Faso
Datation estimée : première moitié du XXᵉ siècle (avant 1950)

  • Matériau : bois sculpté, restes de polychromie ancienne
  • Poids : 710 g
  • Dimensions :
    • Longueur : 34 cm
    • Hauteur : 17 cm
    • Largeur : 17 cm

Masque heaume zoomorphe sculpté dans un bois léger, présentant une figure animale stylisée, caractéristique des productions sénoufo à vocation rituelle. La tête, allongée et expressive, est dotée de deux cornes dressées, dont l’une présente un manque ancien au sommet, consécutif à l’usage ou à un choc ancien.

Le museau allongé, largement ouvert, évoque l’idée d’une projection ou d’une émanation, d’où l’appellation traditionnelle de « cracheur de feu ». Les yeux en amande, soulignés de restes de pigments rouges, confèrent à l’ensemble une expression à la fois vive et menaçante.

Les oreilles latérales en forme de palettes arrondies renforcent la lecture animale du masque, tandis que la surface conserve des traces significatives de polychromie ancienne rouge et brun-noir, aujourd’hui très patinée.

Le revers est largement évidé, montrant des traces d’outils anciennes et une cavité de portage fonctionnelle. L’attaque de xylophages, ancienne et aujourd’hui stabilisée, est visible principalement dans la zone interne, sans fragilisation structurelle.

Ce masque s’inscrit pleinement dans le répertoire zoomorphe sénoufo, souvent associé aux sociétés initiatiques masculines (notamment dans l’orbite du Poro). Les masques de type animal, parfois qualifiés de « cracheurs de feu » dans la littérature marchande, incarnent des forces naturelles puissantes, ambivalentes, capables de protéger autant que de sanctionner.

La stylisation volontaire, la légèreté relative du bois et la présence de polychromie ancienne indiquent un objet destiné au mouvement, porté lors de performances rituelles où le masque prenait sens par l’action, la danse et la mise en scène.

Masque probablement utilisé lors de rites initiatiques, cérémonies communautaires ou interventions symboliques, incarnant une entité animale dotée d’un pouvoir de transformation et de purification.
L’ouverture du museau et l’expression dynamique suggèrent une fonction de médiation entre forces visibles et invisibles, fréquente dans l’univers sénoufo.

 

État de conservation

  • Attaque ancienne de xylophages, inactive et stabilisée
  • Manque ancien à l’extrémité d’une corne
  • Usure et abrasions cohérentes avec un usage rituel
  • Structure globalement saine, sans restauration lourde visible

 

Exemplaire authentique et expressif, représentatif d’un registre sénoufo zoomorphe moins fréquent que les masques anthropomorphes.
Ce masque animalier sénoufo se distingue par son expression dynamique et son museau largement ouvert, évoquant la projection d’un souffle ou d’une force invisible. Les cornes dressées, la stylisation des traits et les traces de polychromie ancienne renforcent la charge symbolique de l’objet.

Porté lors de cérémonies rituelles, ce type de masque incarnait des puissances naturelles ambivalentes, capables de protéger la communauté tout en rappelant l’autorité des règles initiatiques. Conçu pour le mouvement et la performance, il prenait toute sa signification dans la danse et la mise en scène collective.

Malgré les marques du temps, cette œuvre conserve une forte présence plastique, témoignage vivant d’un art rituel où la sculpture était indissociable de l’action.

Ce masque heaume sénoufo « cracheur de feu » constitue une pièce vivante et expressive, parfaitement cohérente avec une collection raisonnée axée sur l’authenticité, l’usage rituel et la diversité des formes. Il complète efficacement un ensemble sénoufo en apportant une dimension animale et performative souvent sous-représentée.