Photographies coloniales – Congo belge (années 1950) - Intérieur de case bayaka – scène de vie domestique

130,00 €

Photographies coloniales – Congo belge (années 1950) - Intérieur de case bayaka – scène de vie domestique

Photographe
C. Lamotte

Agence
Congo Presse

Date
1950

Lieu
Localité : Swa Tende
Territoire : Kasongo-Lunda
District : Kwango
Province : Léopoldville
(actuelle République démocratique du Congo)

Technique
Tirage argentique original d’époque

Format
18 × 24 cm

Mention d’archive figurant au verso (résumé fidèle)
Voici des indigènes Bayaka dans leur case.
Description détaillée des objets domestiques visibles : bâtonnets gravés portés en bijoux auriculaires, calebasses suspendues, paniers contenant tamis à farine et semences destinées aux cultures de la saison suivante.
Texte bilingue français / néerlandais.
Photo : C. Lamotte – Congo Presse – N° 31.161/72 – 1950.
Reproduction libre sauf pour cartes postales, gravures, etc.

 

Description visuelle

La photographie montre l’intérieur d’une case bayaka, captée dans une lumière diffuse, probablement naturelle. La scène rassemble plusieurs individus – adultes et enfants – assis à même le sol, engagés dans une activité domestique collective, vraisemblablement la préparation ou le pilage d’une substance alimentaire dans un grand récipient.

Le centre de la composition est occupé par une femme tenant un pilon vertical, geste suspendu qui structure l’image. Autour d’elle, les autres membres du groupe observent ou participent. Les corps sont détendus, les expressions calmes, sans regard appuyé vers l’objectif, ce qui confère à la scène une relative spontanéité, rare dans la photographie coloniale institutionnelle.

Les parois de la case, tapissées d’objets usuels (calebasses, paniers, récipients), constituent un arrière-plan riche en informations matérielles et ethnographiques.

 

Contexte ethnographique et historique

Cette photographie s’inscrit dans la production tardive de Congo Presse, à un moment où l’administration coloniale belge cherche à documenter les sociétés congolaises sous l’angle de la vie quotidienne, de l’économie domestique et des pratiques agricoles.

L’usage du terme « indigènes », présent dans la légende d’origine, reflète strictement le vocabulaire administratif de l’époque. Il est ici conservé à titre documentaire, tout en étant replacé dans une lecture critique contemporaine.

La mention explicite des objets – semences, tamis, calebasses – indique une volonté de classification ethnographique, visant à montrer l’organisation domestique, les cycles agricoles et la transmission des savoirs.

 

Analyse critique

Ce tirage présente un intérêt majeur par rapport aux deux précédents de la série :

  • Ethnographie du quotidien : contrairement aux images de contrôle territorial ou de mise en scène institutionnelle, celle-ci montre une sphère intime, domestique.
  • Densité documentaire : l’image permet l’identification d’objets, de gestes, d’attitudes, exploitables en contexte muséal ou académique.
  • Regard relativement apaisé : absence de posture coercitive ou spectaculaire, malgré le cadre colonial.
  • Complémentarité de série : elle enrichit l’ensemble en introduisant la thématique de l’habitat, du foyer et de la cellule familiale.

Elle constitue un jalon essentiel pour équilibrer la série entre administration, environnement, ethnographie et vie sociale.

 

État de conservation

  • Tirage légèrement patiné
  • Traces de manipulation anciennes, sans atteinte structurelle
  • Texte au verso complet et lisible
  • Aucun recadrage ou retirage ultérieur identifié

État global : bon à très bon