Masque-calao anthropo-aviaire Ligbi (aire mandé périphérique) en bois sculpté, Première moitié du XXᵉ siècle

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Masque-calao anthropo-aviaire Ligbi (aire mandé périphérique) en bois sculpté,
Première moitié du XXᵉ siècle

Masque sculpté dans un bois dense à patine brun foncé ancienne, présentant une composition volontairement hybride, associant une base anthropomorphe simplifiée à une représentation frontale stylisée de calao.

L’élément dominant est un long appendice courbe, puissamment projeté vers l’avant, formant un bec de calao traité de manière synthétique :

  • Courbure régulière,
  • Extrémité émoussée,
  • Continuité plastique avec la masse crânienne,
  • Absence de rupture entre figure humaine et figure animale.

Le visage, volontairement sobre, se caractérise par :

  • Yeux étroits en amande, incisés et peu ouverts,
  • Bouche discrète, presque effacée,
  • Oreilles latérales pleines, schématisées mais fonctionnelles.

L’arrière du masque est largement évidé, avec une cavité profonde et régulière, indiquant un port effectif. Les surfaces présentent des usures anciennes, abrasions et lacunes cohérentes avec un usage rituel prolongé, notamment sur le bec et les zones saillantes.

le calao : Le bec n’est pas à interpréter comme un nez hypertrophié, mais comme une figuration explicite du calao, oiseau majeur dans de nombreuses cultures d’Afrique de l’Ouest.

Dans les sphères mandé périphériques, le calao est associé à :

  • La parole fondatrice,
  • La médiation entre les mondes (vivants / ancêtres / forces invisibles),
  • La connaissance,
  • L’autorité symbolique et parfois la satire sociale.

La fusion des traits humains et aviaires inscrit ce masque dans la catégorie des masques de transformation, où l’identité représentée dépasse l’humain pour incarner une puissance intermédiaire.

L’attribution Ligbi est privilégiée pour les raisons suivantes :

  • Usage fréquent de formes animales stylisées, intégrées à des masques sobres et puissants,
  • Goût pour l’allongement graphique et la synthèse des volumes,
  • Absence de polychromie et de surcharge décorative,
  • Parentés stylistiques avec certaines productions mandé (Senufo périphériques, Kulango).

 

Fonction : Masque rituel ou para-rituel, probablement utilisé lors de cérémonies communautaires liées à :

  • La régulation sociale,
  • La parole publique,
  • Des contextes initiatiques ou symboliques.

 

État de conservation

  • Usures anciennes homogènes.
  • Lacunes et érosions anciennes, traces importantes d’attaques de xylophages, sans restaurations lourdes.
  • État authentique, non reconstitué, lisible et stable.
  • Hauteur : 40 cm
  • Largeur : 17 cm
  • Profondeur : 20 cm
  • Poids : 910 g

Provenance : Ancienne collection privée française

 

Références bibliographiques et muséales :

  • Louis Perrois, Masques africains, RMN
  • Jean-Paul Colleyn, Arts de l’Afrique noire
  • Frank Herreman, African Masks and Sculptures
  • Collections comparatives du musée du quai Branly – Jacques Chirac (aires mandé et Ligbi)