Statuette Lobi (bateba) Statuette anthropomorphe rituelle, bois sculpté, Hauteur : 21 cm, Largeur : 6 cm, Profondeur : 6 cm, Poids : 285 g, Datation probable : première moitié du XXᵉ siècle, Aire culturelle : Sud-Ouest du Burkina Faso / Nord du Ghana, Att

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Statuette Lobi (bateba)

Statuette anthropomorphe rituelle, bois sculpté, Hauteur : 21 cm, Largeur : 6 cm, Profondeur : 6 cm, Poids : 285 g, Datation probable : première moitié du XXᵉ siècle, Aire culturelle : Sud-Ouest du Burkina Faso / Nord du Ghana, Attribution : Lobi,

Petite statuette monoxyle, de proportions compactes, au modelé volontairement anguleux et à l’expression intériorisée.

Tête

  • Tête ovoïde, légèrement allongée
  • Front haut et bombé
  • Arcades sourcilières fortement marquées, presque jointives
  • Yeux étroits, en amande, à demi-clos
  • Nez droit, court, taillé en arête
  • Bouche fine, fermée, expression grave
  • Oreilles discrètes, plaquées contre la tête

Corps

  • Cou cylindrique allongé
  • Épaules étroites et tombantes
  • Torse mince, légèrement concave
  • Ventre proéminent, bien individualisé
  • Bras longs, plaqués le long du corps, mains schématisées
  • Jambes courtes et robustes, pieds larges servant de base
  • Sexe non explicitement représenté (fréquent chez les bateba)

L’ensemble privilégie une lisibilité symbolique plutôt qu’un naturalisme anatomique.

 

État de conservation

  • Structure : complète, sans cassure majeure
  • Bois : sain, densité homogène
  • Surface :
    • Patine ancienne brun foncé
    • Usure régulière sur les reliefs (visage, ventre, genoux, pieds)
  • Altérations :
    • Abrasions anciennes
    • Usure accentuée à la base des pieds
  • Restaurations : aucune intervention visible
  • État général : bon état ancien, conforme à un objet de culte domestique ayant été manipulé

Ces caractéristiques correspondent bien aux figures rituelles lobi, communément désignées sous le terme générique de bateba, utilisées comme intermédiaires entre le monde visible et invisible.

Chez les Lobi, les statuettes (bateba) sont liées au culte des esprits tutélaires (thila).

Elles peuvent avoir plusieurs fonctions :

  • Protection du foyer ou de l’individu
  • Régulation des désordres (maladie, conflits, malchance)
  • Médiation avec les ancêtres ou esprits de la brousse
  • Objet de divination ou de prescription rituelle

Ces figures ne sont pas décoratives : elles sont chargées rituellement et intégrées à la vie quotidienne.

Les Lobi vivent principalement au sud-ouest du Burkina Faso, ainsi qu’au nord du Ghana et de la Côte d’Ivoire.
Leur société est fortement structurée autour des cultes des esprits (thila), révélés par les devins (thildar).

Points essentiels :

  • Religion non centralisée
  • Absence de clergé institutionnel
  • Chaque famille entretient ses propres figures rituelles
  • L’art est fonctionnel, non ostentatoire, mais d’une grande force expressive

Comparaisons muséales (références)

  • Musée du quai Branly – Jacques Chirac
    Nombreuses figures bateba lobi, Burkina Faso / Ghana.
  • British Museum
    Statuettes lobi illustrant la diversité des figures de protection domestique.
  • Metropolitan Museum of Art
    Sculptures lobi mettant en évidence la frontalité et la symbolique du corps.

Sources bibliographiques

  • Daniel Biebuyck, African Figurative Sculpture, University of California Press
  • Marie-Louise Bastin, L’Art des peuples de l’Afrique noire, Gallimard
  • René Bravmann, Islamic and Indigenous Art of West Africa, Cambridge University Press
  • Ezio Bassani, African Art and Artefacts in European Collections, Skira