Statuette féminine votive Yoruba – Nigéria (Sud-Ouest), probablement votive, bois sculpté
Statuette féminine votive Yoruba – Nigéria (Sud-Ouest), probablement votive, bois sculpté
Hauteur : 25 cm - Largeur : 9 cm - Profondeur : 10 cm - Poids : 280 g
Datation probable : première moitié du XXᵉ siècle
Aire culturelle : Sud-Ouest du Nigéria (aire yoruba)
Tête et visage
- Tête surdimensionnée, conformément au canon yoruba (primauté de la tête – ori)
- Visage ovale, bien équilibré
- Yeux globuleux, largement ouverts
- Nez droit, long, structurant le visage
- Bouche fine, fermée, expression contenue
- Scarifications faciales discrètes, verticales
- Oreilles décollées, bien sculptées
Coiffe
- Coiffe très élaborée, haute, en éventail arrière
- Décor gravé en chevrons et arêtes de poisson
- Organisation symétrique, très maîtrisée
- Élément stylistique majeur, typiquement yoruba
La coiffe est ici un marqueur de statut social et identitaire.
Corps
- Cou cylindrique, bien dégagé
- Épaules larges, tombantes
- Poitrine féminine bien marquée (seins coniques)
- Bras longs, plaqués le long du corps
- Jambes courtes et robustes posés sur une base circulaire
Base
- Base épaisse, circulaire
- Décor géométrique gravé en périphérie
- Stabilité assurée pour un usage rituel domestique ou cultuel
État de conservation
- Structure : complète, très stable
- Bois : dense, sain
- Surface / patine :
- Patine ancienne brun foncé à nuances chaudes
- Usure homogène sur les reliefs
- Altérations :
- Légères abrasions
- Petits chocs anciens sans perte de matière
- Éléments associés :
- Bracelets de perles aux poignets (probablement ajout ancien, cohérent)
- Restaurations : aucun visible
- État général : bon état ancien, belle lisibilité des détails
Cette statuette se situe stylistiquement entre figure votive féminine et sculpture domestique de culte, sans relever strictement du corpus ibeji (jumeaux), bien que certains codes soient proches.
Fonction rituelle probable
Dans le monde yoruba, ce type de statuette peut être lié à :
- Un culte domestique
- Une figure de dévotion féminine
- Un objet de médiation avec une divinité (orisha)
- Un ex-voto ou une sculpture commémorative
La posture agenouillée renvoie à :
- La prière
- L’offrande
- Le respect envers les forces invisibles
Comparaisons muséales
- Musée du quai Branly – Jacques Chirac
Sculptures yoruba féminines agenouillées, coiffes élaborées. - British Museum
Figures votives yoruba, accent sur la coiffe et la posture. - Metropolitan Museum of Art
Corpus yoruba illustrant la centralité de l’ori.
Sources bibliographiques
- Robert Farris Thompson, Flash of the Spirit, Vintage Books
- Henry John Drewal & John Pemberton III, Yoruba Art and Aesthetics, Smithsonian Institution
- Frank Willett, African Art, Thames & Hudson
- Suzanne Preston Blier, African Vodun, University of Chicago Press
Cette statuette yoruba est une pièce aboutie, expressive et bien codifiée