Masque mascarade Ekpo (forme casque) Groupe ethnique : Ibibio ou Annang Région : Lower Cross River, sud-est du Nigéria,

900,00 €

Masque mascarade Ekpo (forme casque) Groupe ethnique : Ibibio ou Annang Région : Lower Cross River, sud-est du Nigéria, fin XIXᵉ – première moitié du XXᵉ siècle

Masque en bois sculpté de forme “casque”, caractérisé par un volume compact et puissant, évidé intérieurement pour être porté. Le visage présente un modelé expressif et volontairement accentué, typique des mascarades Ekpo :

  • Arcade sourcilière fortement marquée,
  • Yeux en fentes étroites,
  • Nez massif,
  • Bouche largement ouverte, laissant apparaître une langue sculptée,
  • Incisions labiales horizontales évoquant une moustache stylisée, motif récurrent dans l’aire du Cross River.

L’arrière est largement ouvert, avec une pièce interne de calage / portage (butée ou tenon), élément technique caractéristique des masques destinés à être effectivement portés et stabilisés lors de performances dynamiques. L’évidement interne est particulièrement soigné et profond, attestant d’un usage prolongé en contexte rituel.

Polychromie

Présence de polychromie ancienne résiduelle, aujourd’hui fortement érodée mais encore lisible :

  • Verts et bleus sur le visage,
  • Tons rosés et ocre sur certaines zones,
  • Noir au sommet du crâne.

Ce type de peinture rituelle, appliquée et parfois reprise au fil du temps, est bien documenté pour les masques Ekpo Ibibio et Annang. L’érosion avancée témoigne d’une utilisation répétée plutôt que d’un simple objet cérémoniel ponctuel.

Fonction et contexte rituel

Les masques Ekpo matérialisent la présence des esprits et des ancêtres, intervenant lors de mascarades à forte dimension :

  • Sociale (régulation communautaire),
  • Judiciaire (maintien de l’ordre, sanctions symboliques),
  • Rituelle (relations avec l’invisible).

L’expressivité du visage, la bouche ouverte et la massivité du volume participent à l’impact visuel et performatif recherché lors des danses, souvent accompagnées de musique et de mouvements vigoureux.

État de conservation

  • Bois sain et stable
  • Usures générales cohérentes avec l’âge et l’usage
  • Polychromie ancienne très érodée, par endroits lacunaire
  • Fissures anciennes, abrasions, pertes superficielles
  • Aucun repeint moderne ni restauration lourde observée

État bon, avec une patine d’usage authentique, privilégiant la lisibilité ethnographique et rituelle plutôt qu’un aspect décoratif.

 

Dimensions

  • Hauteur : 34 cm
  • Largeur : 20 cm
  • Profondeur : env. 15 cm
  • Poids : 3,56 kg

Le poids important renforce l’hypothèse d’un masque destiné à des performances maîtrisées, portées par des initiés aguerris.

Références muséales

Des masques comparables sont conservés dans les collections suivantes :

  • Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris
  • British Museum, Londres
  • Metropolitan Museum of Art, New York
  • National Museum of African Art

Ces institutions décrivent des masques Ekpo en bois, polychromes, à bouche ouverte et forme casque, attribués aux Ibibio et Annang du Lower Cross River.

Références bibliographiques

  • Philip Allison, African Stone Sculpture (sections Cross River)
  • Herbert M. Cole & Chike C. Aniakor, Igbo Arts: Community and Cosmos
  • Susan Mullin Vogel, African Aesthetics
  • Roslyn A. Walker, Cross River Art
  • Catalogues du Musée du quai Branly et du British Museum (sections Ekpo / Cross River)