Masque Guéré (aire Kru) Côte d’Ivoire occidentale Première moitié du XXᵉ siècle (vers 1920–1950)

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Masque Guéré (aire Kru)

Côte d’Ivoire occidentale
Première moitié du XXᵉ siècle (vers 1920–1950)

Masque rituel anthropomorphe à éléments rapportés

Ethnie Guéré (groupe Wé), ensemble culturel Kru

Ouest de la Côte d’Ivoire, zones forestières frontalières du Libéria

Bois sculpté ; éléments rapportés d’origine organique (fibres végétales, fragments de peaux animales, ligatures). Traces de patine ancienne liées à l’usage rituel.

Hauteur : env. 30 cm
Largeur : env. 22 cm
Profondeur : env. 12 cm
Poids : env. 900 g
(données fournies)

État de conservation

Bon état général compte tenu de l’âge et de l’usage. Manques et altérations anciennes sur les éléments rapportés (peaux, fibres), cohérents avec une utilisation rituelle prolongée. Bois sain, sans restauration lourde apparente.

 

Description et analyse ethnographique

Ce masque s’inscrit pleinement dans la tradition sculpturale des Guéré, peuple forestier de l’ouest ivoirien, reconnu pour la puissance expressive et symbolique de ses productions masquées. La sculpture privilégie une expressivité volontairement accentuée : volumes marqués, traits faciaux stylisés, regard profondément creusé, traduisant une fonction rituelle active plutôt qu’une recherche de naturalisme.

Les masques guéré interviennent dans des contextes variés : rites funéraires, cérémonies communautaires, régulation sociale, justice coutumière. Ils incarnent des entités spirituelles capables d’agir sur l’ordre du village, de sanctionner les transgressions et de rétablir l’équilibre entre le monde visible et l’invisible. Leur apparence parfois dérangeante ou agressive participe pleinement de cette fonction dissuasive et sacrée.

La présence d’éléments rapportés – peaux animales et ligatures – renforce la dimension performative de l’objet, conçu pour être porté et animé lors de danses rituelles. Ces ajouts confèrent au masque une charge symbolique et sensorielle accrue, jouant sur le mouvement, le son et la texture.

Sur le plan stylistique, cette œuvre se situe à la croisée des traditions Guéré, Wobé et Bété, partageant avec ces groupes une esthétique fondée sur la tension formelle, l’asymétrie expressive et une grande liberté iconographique. Ce type de masque figure aujourd’hui parmi les productions majeures de l’Afrique de l’Ouest forestière, largement étudiées et conservées dans les collections publiques internationales.

 

Comparaisons et références muséales

Des masques comparables sont conservés dans les collections suivantes :

  • Musée du quai Branly – Jacques Chirac – Masques Guéré / Wé à forte expressivité rituelle
  • British Museum – Arts des peuples Kru (Guéré, Wobé, Bété)
  • Metropolitan Museum of Art – Arts d’Afrique de l’Ouest forestière

Bibliographie de référence

  • Eberhard Fischer & Hans Himmelheber, Les Arts de l’Afrique Noire, Thames & Hudson
  • Denise Paulme, Arts et sociétés d’Afrique noire, Gallimard
  • Michel Leiris, Afrique fantôme, Gallimard
  • Masques d’Afrique de l’Ouest, catalogue du Musée du quai Branly