Statuette féminine rituelle Yoruba, probablement figure de sanctuaire Nigéria (aire culturelle yoruba) Première moitié du XXᵉ siècle (vers 1920–1950)

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Statuette féminine rituelle Yoruba, probablement figure de sanctuaire
Nigéria (aire culturelle yoruba)
Première moitié du XXᵉ siècle (vers 1920–1950)

 

Bois sculpté monoxyle. Surface présentant une patine ancienne brun-rouge. Traces d’outils visibles. Érosion importante liée à une attaque xylophage ancienne, aujourd’hui inactive.

Dimensions et poids

Hauteur : 56 cm
Poids : 1700 g

État de conservation

État structurel altéré mais stable. Attaque xylophage ancienne ayant provoqué des pertes de matière importantes, notamment au dos, à la base et aux volumes secondaires. Surface stabilisée, sans infestation active. Cette altération est cohérente avec une longue exposition en milieu naturel ou en contexte rituel prolongé.

Cette sculpture représente une figure féminine debout, caractérisée par une posture frontale hiératique et une forte stylisation des volumes, typiques de la tradition sculpturale yoruba. La tête, légèrement surdimensionnée, présente un visage aux traits géométrisés : yeux en amande clos, bouche saillante, nez rectiligne, et scarifications faciales incisées disposées symétriquement.

La coiffure, particulièrement élaborée, forme une haute crête centrale finement incisée, caractéristique des styles yoruba classiques, évoquant les coiffures cérémonielles féminines associées au statut et à l’identité sociale. Le cou cylindrique allongé accentue la verticalité de la figure.

Le torse met en valeur une poitrine proéminente, soulignant la dimension symbolique de la féminité et de la fertilité. Les bras fléchis encadrent l’abdomen dans une posture rituelle fréquente. Le pagne incisé et les proportions générales traduisent une stylisation volontaire, privilégiant la lisibilité symbolique sur le naturalisme.

La sculpture présente des caractéristiques compatibles avec les figures conservées dans des sanctuaires domestiques yoruba, où elles pouvaient représenter des ancêtres, des figures protectrices ou des incarnations spirituelles associées aux cultes locaux (òrìṣà).

 

Altérations xylophages et interprétation rituelle

L’importante attaque xylophage ancienne, désormais inactive, suggère une exposition prolongée en environnement naturel ou semi-naturel. Dans le contexte yoruba, certaines sculptures rituelles pouvaient être conservées dans des sanctuaires extérieurs, exposées aux éléments, ou abandonnées rituellement après la fin de leur cycle d’usage.

Toutefois, il convient de rester prudent : l’altération biologique peut également résulter de conditions climatiques ordinaires sans implication rituelle spécifique. L’état actuel témoigne néanmoins d’une ancienneté et d’une utilisation prolongée compatibles avec un contexte rituel authentique.

 

Comparaisons muséales

Des sculptures comparables sont conservées dans les collections suivantes :

  • Musée du quai Branly – Jacques Chirac — Figures féminines yoruba de sanctuaire
  • British Museum — Sculptures yoruba rituelles, XXᵉ siècle
  • Metropolitan Museum of Art — Figures féminines yoruba, styles Oyo et Abeokuta

Ces œuvres présentent des coiffures élaborées, une frontalité hiératique et une stylisation comparable.

 

Bibliographie de référence

  • William Fagg, Yoruba Sculpture of West Africa, Knopf
  • Robert Farris Thompson, Black Gods and Kings, Indiana University Press
  • Henry Drewal, Yoruba: Nine Centuries of African Art and Thought, Metropolitan Museum of Art
  • Frank Willett, African Art, Thames & Hudson