Cimier zoomorphe (tortue stylisée) de masque de danse Bwa / sphère Mossi – Gurunsi
Cimier zoomorphe (tortue stylisée) de masque de danse Bwa / sphère Mossi – Gurunsi
Région : vallée du Mouhoun / plateau central, Burkina Faso
Datation : première moitié du XXᵉ siècle (vers 1900-1950)
Bois sculpté monoxyle, traces de pigments et éléments textiles de fixation.
Dimensions : Longueur : 52 cm, Largeur : 23 cm, Hauteur : 17 cm, Poids : 2,5 kg
Provenance : Galerie Galaxie – Jean-Michel Huguenin, Paris
Collecte probable en Afrique de l’Ouest dans les années 1950.
Cimier zoomorphe sculpté dans un bloc de bois dense, destiné à être fixé au sommet d’un masque de danse. La sculpture se compose d’un volume central bombé évoquant une carapace et d’un museau cylindrique prolongé vers l’avant. Deux reliefs latéraux indiquent les yeux.
La partie postérieure se développe en un arc semi-circulaire ajouré, solution structurelle permettant de suggérer la forme de la carapace tout en réduisant la masse de bois.
La base cylindrique comporte des perforations ainsi qu’un bourrelet textile ancien destiné à fixer le cimier sur la coiffe du danseur.
La surface conserve une patine brun sombre avec traces d’usage et fissures naturelles du bois.
La morphologie générale suggère la représentation stylisée d’une tortue, animal associé dans de nombreuses traditions sahéliennes à : la sagesse - la longévité - la protection.
Dans l’art de la savane burkinabè, les animaux figurés sur les masques ne sont pas toujours naturalistes : la sculpture vise souvent à exprimer l’essence symbolique de l’animal plutôt que son apparence réelle.
La tortue apparaît dans plusieurs traditions narratives d’Afrique de l’Ouest comme un animal rusé et médiateur entre les mondes.
Les Bwa vivent principalement dans l’ouest du Burkina Faso et le sud du Mali, organisés en communautés villageoises où les masques jouent un rôle central dans la vie rituelle et sociale.
Les masques sont utilisés dans : rites d’initiation - cérémonies agricoles - funérailles et commémorations.
Ils incarnent des esprits ou des forces de la nature et participent à la transmission des connaissances culturelles.
Dans la région de Boni, par exemple, la tradition des danses de masques est particulièrement vivante et plusieurs types d’animaux y sont représentés, notamment hyène, phacochère ou antilope.
La présence d’animaux variés confirme que l’iconographie animale est très ouverte dans cette région.
Plusieurs éléments rapprochent ce cimier des traditions sculpturales de la savane burkinabè :
- orientation horizontale du cimier
- stylisation extrême des formes
- représentation animale abstraite
- fixation textile pour costume de fibres.
La structure ajourée arrière semble être un procédé technique visant à alléger la sculpture tout en conservant la silhouette de l’animal.
Références muséales comparables
Des cimiers animaliers de la même aire culturelle sont conservés dans plusieurs institutions :
- Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris
- Metropolitan Museum of Art, New York
- Museum Rietberg, Zurich
Ces collections conservent de nombreux masques Bwa et Gurunsi représentant des animaux ou des esprits de brousse stylisés.
État de conservation
Bon état structurel.
À signaler :
- fissures anciennes du bois
- usure compatible avec une utilisation rituelle
- textile ancien partiellement conservé.
Indice de rareté
7.5 / 10
Les cimiers animaliers de la région sont relativement courants, mais :
- la morphologie évoquant une tortue est rare
- la structure ajourée en arc est peu documentée.
Bibliographie
Roy, Christopher D.
Art of the Upper Volta Rivers. Paris, Chaffin, 1987.
Roy, Christopher D. & Wheelock, Thomas G. B.
Land of the Flying Masks: Art and Culture in Burkina Faso. Prestel, 2007.
Roy, Christopher D.
African Art as Theater: The Bwa Masks of the Village of Boni.
Art & Life in Africa Project, University of Iowa.