Étrier de poulie de métier à tisser. Probablement Baoulé ou sphère Guro
Étrier de poulie de métier à tisser. Probablement Baoulé ou sphère Guro
Région : centre et ouest de la Côte d’Ivoire
Datation probable : fin XIXᵉ – première moitié du XXᵉ siècle
Étrier de poulie sculpté en bois dur représentant une figure anthropomorphe stylisée.
Dimensions : Hauteur : 20 cm, Largeur : 7 cm, Poids : 100 g
L’objet est constitué de deux parties principales :
- une structure fonctionnelle en U, formant les deux montants de l’étrier qui maintenaient la poulie du métier à tisser ;
- une sculpture figurative supérieure, représentant un personnage assis aux jambes écartées.
Caractéristiques stylistiques : tête triangulaire allongée, nez rectiligne très saillant, yeux en fentes à demi fermées, bouche discrète incisée, coiffure ou casque triangulaire percé d’un trou de suspension, torse étroit et allongé, jambes anguleuses formant la structure mécanique
La sculpture reste volontairement géométrique et compacte, ce qui renforce la solidité de la pièce tout en conservant une dimension esthétique.
Ces objets sont des éléments du métier à tisser horizontal africain.
La poulie (disparue ici) était insérée entre les deux montants inférieurs.
Elle permettait de guider les fils du métier et d’assurer la tension.
L’étrier sculpté remplissait donc une double fonction : fonction mécanique (support de poulie) - fonction symbolique et esthétique
Dans de nombreuses sociétés de Côte d’Ivoire, le tissage est un artisanat masculin valorisé, et les éléments du métier peuvent recevoir des sculptures protectrices.
Plusieurs éléments orientent vers la zone Baoulé – Guro – Yaouré : visage allongé au nez rectiligne - yeux en fente horizontale - structure géométrique du corps - sculpture intégrée à la fonction mécanique
Ce type d’étrier anthropomorphe est particulièrement fréquent chez les Baoulé, où les sculpteurs appliquent aux objets utilitaires les mêmes principes esthétiques que pour les statues rituelles.
État de conservation
État général bon pour un objet utilitaire ancien.
Observations : patine d’usage brun clair à brun foncé, traces d’usure liées à la manipulation , légères abrasions sur les arêtes, absence de la poulie d’origine (élément mobile généralement perdu). Structure stable.
Comparaisons muséales
Objets comparables conservés notamment au :
- Musée du quai Branly – Jacques Chirac
- Metropolitan Museum of Art
- Brooklyn Museum
- Rietberg Museum
Ces institutions possèdent plusieurs poulies de métier à tisser baoulé sculptées, souvent entre 15 et 25 cm de hauteur.
Bibliographie
Vogel, Susan Mullin
Baule: African Art, Western Eyes.
Cole, Herbert M. & Ross, Doran
The Arts of Ghana.
Roy, Christopher D.
Art of the Upper Volta Rivers.
Sieber, Roy & Walker, Roslyn
African Art in the Cycle of Life.
Indice de rareté : 5 / 10
Les étriers de poulies sculptés sont relativement fréquents, mais les exemplaires anciens avec sculpture anthropomorphe bien conservée restent recherchés.
La coiffure triangulaire percée est un détail que l’on retrouve sur plusieurs poulies baoulé anciennes.
Elle pouvait servir soit à suspendre l’outil lorsqu’il n’était pas utilisé, soit à alléger visuellement la masse de la tête tout en conservant sa forme symbolique.