Masque-cimier Mbala - Yaka RD Congo (Région probable : Kwango / Kwilu) milieu XXe siècle

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Masque-cimier Mbala - Yaka

RD Congo (Région probable : Kwango / Kwilu) milieu XXe siècle

Matériaux : Bois sculpté, pigments (blanc, ocre, bleu), fibres végétales (raphia), textile, carton (structure du chapeau et de la figure sommitale)

Dimensions : Hauteur environ 75 cm

État : Manques (raphia lacunaire, sommet altéré), usures d’usage, polychromie érodée, salissures anciennes. Structure globalement stable.

 

Le masque facial : Visage ovoïde allongé, front bombé, Yeux mi-clos en amande, fortement cernés de jaune → regard intériorisé, Nez long triangulaire, Bouche rectangulaire à dents apparentes (alternance bleu/blanc)

Typologie clairement liée aux masques Mbala / Yaka septentrionaux, avec une stylisation plus sobre que les Yaka classiques.

La coiffe en raphia : Masse volumineuse couvrant intégralement la tête et les côtés

Fonction : dissimulation du porteur et amplification du volume rituel : on est dans un masque de danse, pas un objet statique !

Le dispositif sommital :

Plateforme circulaire double : Construction en plateaux superposés, Décor géométrique (chevrons)

Figure assise : Corps en matériaux mixtes (bois + carton + textile), Bras croisés → posture fermée, intériorisée, Jambes décorées de ponctuations (type scarifications stylisées ou textile peint)

Élément vertical postérieur : Probable support symbolique ou reliquaire stylisé, Sommet en matière organique (cuir ou textile noué)

Ce type d’assemblage indique une construction rituelle évolutive, typique des pratiques d’Afrique centrale au XXe siècle.

Ce masque dépasse la simple catégorie Mbala “classique”.

On est très probablement face à un masque de type initiatique / sociétal à fonction narrative

La figure sommitale peut représenter un ancêtre, un initié, ou une figure morale / sociale.

La posture fermée (bras croisés) évoque : retenue, autorité, contrôle

  • Décor peint (bleu/blanc) → typique région Congo occidental

Références comparatives : Muséales :

  • Musée du Quai Branly, Paris
    → masques Mbala avec coiffe en raphia et visage blanchi
  • Royal Museum for Central Africa, Tervuren
    → ensembles Yaka avec figures sommitales narratives

Bibliographie :

  • Arthur P. Bourgeois, Art of the Yaka and Suku
  • Marc Leo Felix, Art & Kongos
  • François Neyt, Arts du bassin du Congo

Les structures à plateforme avec figures sont bien documentées chez les Yaka, plus rares mais attestées en zone Mbala périphérique.

 

Points forts : Belle cohérence formelle visage / coiffe. Construction volumétrique puissante. Polychromie encore lisible. Cimier narratif intéressant (valeur ethnographique)

Points plus faibles : Matériaux mixtes fragiles (carton). Usures importantes. Raphia partiellement altéré.

 

 

 

 

Les Mbala et Yaka sont deux populations voisines d’Afrique centrale, établies principalement au sud-ouest de la République Démocratique du Congo (régions du Kwango et du Kwilu), avec des extensions vers l’Angola.

Les Yaka sont connus pour leurs sociétés initiatiques complexes (notamment le mukanda), leurs masques expressifs et leurs sculptures dynamiques associées aux rituels de passage et à la protection communautaire. Les Mbala, culturellement proches mais stylistiquement plus sobres, produisent des masques aux visages allongés et intériorisés, souvent liés à des fonctions sociales et rituelles similaires.

L’expression “Mbala-Yaka” désigne généralement une zone de contact et d’influences croisées, où les formes artistiques, les systèmes symboliques et les pratiques rituelles se mêlent, donnant naissance à des objets hybrides particulièrement intéressants du point de vue ethnographique.